Quand Nvidia se lance dans des manœuvres anti-concurrentielles avec son GPP

Lorsque l’on parle de GPUs gaming, il y a deux acteurs qui trustent le marché depuis tellement longtemps qu’on a l’impression que la situation ne peut plus changer, j’entends par là Nvidia avec ses GeForce et AMD avec ses Radeon. Pour autant, Nvidia a tellement d’avance sur AMD que l’on parle de quasi-monopole de la part du géant vert et blanc.

Si j’ai décidé d’écrire sur ce sujet très inhabituel par rapport à ce que je propose, c’est simplement car, je suis tombé sur plusieurs articles concernant les dernières pratiques de Nvidia en matière de partenariat et j’avais très envie de vous faire part de mon ressentie. En effet, il y a quelques semaines, Nvidia annonçait lancer un programme, le GeForce Partner ProgramGPP qui en gros permet à ses adhérents un support étendu et de la publicité… Bref, rien de bien méchant sauf si on regarde entre les petites lignes, car les conditions pour y adhérer ne sont pas très “justes”. La condition sine qua none que pour y accéder, il faut que “toute la gamme de GPU soit exclusivement des GPU Nvidia” (traduction de si tu vends du AMD, ça va pas être possible). Cela n’a pas vraiment d’impact pour les marques qui proposaient déjà exclusivement des GPU Nvidia comme KFA² ou EVGA.

asus arez amd nvidia gpp 01

Et quand est-il des marques qui proposent des GPU Nvidia et AMD ? La réponse est simple, si elles veulent bénéficier des avantages du GPP, elles doivent segmenter leurs offrent et créer une “gamme” pour vendre des GPU AMD. Vous me direz que le GPP n’est qu’un programme parmi tant d’autres et que ce n’est pas quelque chose d’indispensable. Cet argument n’est que partiellement vrai. En réalité, Nvidia est tellement prépondérant que se passer d’un tel programme revient à se tirer une balle dans le pied vis-à-vis des concurrents qui y adhèrent et en tirent des bénéfices. C’est comme un partenariat d’exclusivité que Nvidia vent comme bénéfique pour les joueurs. Sauf qu’un tel accord n’est pas très juste lorsque l’on est déjà l’acteur principal d’un marché spécifique et où le seul concurrent n’arrive pas vraiment à tenir la dragée haute, un peu comme si Goliath attachait les bras de David dans le dos et s’amusait à lui balancer des gros tacles.

On peut déjà avoir un aperçu des conséquences puisque Asus a déjà annoncé une nouvelle gamme dédié aux AMD Radeon sous l’appellation AREZ qui seront disponibles à partir du mois de mai prochain (ça veut aussi dire qu’il n’y aura plus de carte graphique Asus sous appellation ROG – Republic of Gamer). Il est aisé de penser que d’autres marques suivront les pas de Nvidia et passeront au GPP tout en segmentant, elles aussi, leurs gammes. Bien que cela n’aura finalement que peu d’impact pour les joueurs (et pour les prix des cartes qui a drôlement augmenté), je trouve ce genre de procédé tellement dégueulasse et apparemment, je ne suis pas le seul. Nvidia est sur le coup de plusieurs enquêtes concernant ce GPP. Malgré tout, je reste assez pessimiste quant à un éventuel rétro-pédalage de ce dernier. L’histoire nous a déjà montré que les sanctions appliquées (majoritairement financières) sont rarement dissuasives et ne représentent qu’une goutte d’eau dans le chiffre d’affaire de compagnie qui brassent des milliards chaque année. Au final, c’est très curieux de la part de Nvidia d’avoir recours à ce genre de procédé. En tous cas, il est encore une fois un exemple de l’utilisation d’une position dominante sur les autres et on ne peut pas dire que c’est le partage ou le respect qui prime.